3ème édition de l’Observatoire de l’économie maritime en Bretagne

Publié le 6 janvier 2026

L’Observatoire de l’économie maritime en Bretagne (chiffres 2024), réalisé depuis 2017 par les Chambres de commerce et d’industrie (CCI) de Bretagne, en partenariat avec les agences d’urbanisme et avec le soutien de la Région Bretagne, vient d’être actualisé. Cette 3e édition met en évidence une dynamique globalement positive de l’emploi maritime, tout en révélant de fortes disparités sectorielles et territoriales.

Une économie maritime en croissance, structurée autour de quatre grands domaines

Fin 2024, l’économie maritime bretonne rassemble 70 520 emplois, soit 5 % de l’emploi régional. Entre 2019 et 2024, 1 703 emplois ont été créés (+2,5 %), confirmant la dynamique de croissance continue depuis 2016.

L’économie maritime bretonne reste structurée autour de 4 domaines majeurs :

  • La défense liée à la mer (29 %)
  • Les produits de la mer alimentaires (23 %)
  • La construction et réparation navales (20 %)
  • Le nautisme (11 %)

A eux seuls, ces secteurs concentrent 83 % de l’emploi maritime breton.

Si l’on intègre l’emploi généré par le tourisme littoral (38 300 emplois), l’économie liée à la mer approche 110 000 emplois. A l’échelle nationale, la Bretagne concentre par ailleurs plus de 25 % des emplois français dans les domaines de la Marine nationale, du nautisme, de la construction navale et des produits de la mer.

Des trajectoires d’évolution contrastées selon les secteurs

La progression de l’emploi maritime s’est ralentie sur la période 2019-2024, avec une croissance annuelle moyenne de +0,5 %, contre +1,0 % entre 2016 et 2019. Ce ralentissement s’explique principalement par le retournement de tendance observé dans le secteur des produits de la mer alimentaires, qui enregistre une perte moyenne de 366 emplois par an sur la période récente, après avoir été le principal moteur de création d’emplois auparavant.

A l’inverse, la construction et la réparation navales affichent une dynamique très soutenue, avec 442 emplois créés par an entre 2019 et 2024, devenant ainsi le premier contributeur à la croissance de l’emploi maritime.

Le secteur du nautisme connait une croissance plus modérée mais régulière, portée par le développement de la plaisance, des services nautiques et des activités de loisirs. Les emplois en lien avec la défense liée à la mer demeurent globalement stables.

Des évolutions territoriales différenciées

L’économie maritime bretonne est significativement implantée (au moins 300 emplois) dans 14 des 21 pays bretons, mais reste fortement concentrée dans 5 territoires (Brest, Lorient, Cornouaille, Saint-Malo et Morlaix), qui regroupent 86,2 % des emplois, un niveau comparable à celui observé en 2016 (86,5 %).

Entre 2019 et 2024, seuls 50 % des territoires bretons ont vu leur emploi maritime progresser, contre 80 % sur la période 2016-2019. Lorient (+1 301 emplois) et Brest (+1 027 emplois) concentrent à eux seuls 80 % des créations d’emplois, portées principalement par la construction et la réparation navales, le nautisme et la Marine nationale.

La Cornouaille au sein de l’économie maritime bretonne

Avec 7 667 emplois recensés en 2024, la Cornouaille demeure le 3ème principal bassin d’emploi maritime de Bretagne. Les produits de la mer alimentaires, la construction et la réparation navales et le nautisme constituent les 3 piliers de son économie maritime. Le territoire reste par ailleurs le premier pôle d’emploi régional dans les produits de la mer alimentaires, avec 4 325 emplois, soit 27 % du total régional.

Entre 2019 et 2024, la Cornouaille enregistre toutefois une chute de près de 12 % de l’emploi maritime, faisant d’elle le territoire breton le plus touché, à l’inverse de Lorient et Brest, moteurs de la création d’emplois.

Cette évolution s’explique principalement par la forte diminution des emplois dans le secteur des produits de la mer alimentaires (-1 394 emplois), conséquence notamment du plan d’accompagnement post-Brexit (PAI) et de la hausse du prix du gasoil, qui ont fortement impacté la pêche et la transformation. Les créations d’emplois dans la construction et la réparation navales ainsi que dans le nautisme ne suffisent pas à compenser ces pertes.

Partager :